DE ISS
kl»
LES ORGUES MELODIUM
D’ALEXANDRE PÈRE Si FILS
1* PARTIE PAR M. AD ADAM MEMRRE DE L’INSTITUT
•2.' PARTIE PAR M. FRELOA
I I-
À MONSIEUR HELLMESBERGER
PRESIDEAT DI' JURY
»,
» *
%
f
%
«
%
Ü
J» ir
»
«
f
I
r
1
\
f
i
t
4
«
#•
L
4
r;.
/g, g 1 i e ^ y ff g g. %
a- g
.O
' ^yg
gVo c/cx
✓ g
t' ^ r é ^ ^
y'-
€ <»
//xOyg ^^0
/{g[o. - r /'.'i f^y^ '
g;,, y ggg g ' ^ ^ ^
EX LIBRIS
> \ *v *.
».
i: •
fm
r
k
I.ES
J M J'
DALEXA.NDKK FÈKE X FILS.
Kxposilion iiiiivtM'solic «h* lî{i>;>.
PA lus,
Clll'Z AI,i:\4M)lîl- PÈIIK i:t fii.s.
«UK MKSHV, .>!).
IMPRIMÉ A PARIS.
L.KN DK!>tllV<4.
ftiU7. LeHtnciea, lilhographe .
rue de Seine, .S7.
l-r.H TEXTCM.
ehez WirTtBflitriit , typographe,
me Mmilmorency, K.
OHGIES EXPHESSIVES.
PIANOS- MÉLODIl’M. — PIANOS A PROLONGEMENT.
PIANOS-LISZT.
Première partie, par M. Ad. ADAM, membre de l’Institut;
Deuxième partie, par M. FRELON.
V *r
• %
M *
A
t^
I
■•';\^V^.V<^î':--
to 3* ' ‘ r W *J . ^
V’
-- Min,
'»'■ < T.*^ * * '^* ’ f $.
Æ U. ^ ^
® **' )»
^i.
' '• *•■
« r^'r».
•ï"
le . 1 \
1» '
^ '/ ■ •■■
* f *♦>
'*• ■•'/ » ^'V
*v *' « • V"’ '■; ■ '-
iî> . .:• : '
: ^ ' -W^ ‘'1>
1 1*
• “ ■»>i^
^ •
41
^ >
» *f>^ •
■4 • -
'* *•■*» ^ »' -e, .«
•
9
«
a ‘f* H
*
' 4
r'
1 a'
!•» î;.«
L .'
«k
• i
/
♦ W*#
*A •* *.
« >
. »
• •#
V
’ ^ »V
V T ’^* *' •
1* .
{* «fc* J ff'-
♦ Wr. -.,4*4.^
. ,v . ^ ^ ^ ' \ ^>9, y
■*■%»- ^ •w. , ♦ ■ -T-# :> ♦ , ^
. *- . ^ ft **t *• ** * * » * 4f|^ •• * • •
• Jf * V* fci A
» A^ * ,' .* ^ * ’ ^
1/4,..-
»# *
.4- < ,
'%**’. ïit • ^ ^
; PS
»
#■ 4 '•-'
-S 1 .*
* ^
u<» . ••T '«N* . 14 4>4»^*.'» > ftt *“4i r
- ' V A
-'T .-^4if 110*^ .r -^44» / .,^4^. •
* • . *
%••■
..i’ ‘
• S “t* ♦•..♦• « > <4É^ J
^ . 'I»
. "* 'kxjd^r .f»t*’^> ■ •., . ,
, ATT'f ■ * •’•-•* 4 *.-'»W«44t
♦A '-^ ■• . ^ trvA* f. ‘ ♦ , llpw. ^ .. '
4 - , «
4.4 N. ./
H
’ «ir-,
i* ;
► '‘.,c>
* V .k , ^
‘ 4 ‘ • •■ »** ‘ V-
“'< _ ' W ήL '
t
•A
»>
#•
•■^ • ''/i' L
- ' . :.
t ^
• v. ’ ‘
>•« » ♦* ’-
t«'
PRE3IIÉRE PARTIE.
Ce serait une belle œuvTc à entreprendre, à laquelle ne manqueraient ni l’émotion, ni
l’intérêt, ni l’enseignement, que l'histoire musicale depuis deux siècles; mais pour accomplir
ce travail, la patience ne sulTirait pas, il faudrait y joindre l’enthousiasme, et l’enthousiasme
])ourrail fatiguer, s’il n’était encore accompagné d’une foule de qualités que bien peu
d’écrivains seraient capables de réunir . Certes ce ne seraient pas les éléments qui feraient
<léfaut il cette œuvre, pour qu elle eut le caractère multiple qui convient à tout récit avec
lequel on prétend plaire et persuader, être agréable et utile .
Dc'puis deux siècles en effet, l’art musical a eu des héros et des marhTS, des luttes, des
triomphes et des abaissements, ou plutôt des oublis, à défrayer un poème épique.
Il y a la mélodie et riiarmonie, il y a Oluck et Piccini , il y a l’école allemande et
l’école italienne, il y a de pauvres grands hommes qui meurent ulcérés et misanthropes et
il’anircs grands hommes qui vivent presque millionnaires et peinent, ou pou s'en faut, saluer
leur statue en marhre do Paros ou eu airain de Corinthe. Malgré ce pêle-mêle, raelion marche
droite, animée et majestueuse : l’art avance, progresse, arrive.
liref, au lieu d’un combat qui finisse faute de combattants, c’est une marche trioni]ihale
dans laquelle se confondent et s’unissent tous les rivaux, d’autant plus fiera et plus heureux
que peraonno n’a suhi l’Immiliation de la défaite.
Harmonistes et mélodistes, ceux qui ont la science et ceux qui ont le sentiment, tous
2
— c.
s’assemMent dans l'immense concert mi clincnn fait sa jiartie, aux applandisseinents uni¬
versels.
Mais cette histoire, si complète qii’on la fit, ne laisserait -cl le pas une lacune rogrcttahle,
si l’on se contentait de mentionner ceux dont la pensée a charmé le monde, sans lenir com|)tc
de ceux qui ont quelquefois a(|randi cette pensée en rinterprétant et de ceux ipii souvent ont
fourni les moyens de la faire éclore? Ne sera-t-il pas juste, à côté des compositeurs, de faire
marcher les exécutants? ht ne devra-t-on pas auprès de ceux-ci |ilacer les hahiles facteurs à (pii
ils doivent tant ? Et si nous inscrivons sur la mèmehaunièro les nomsdelieethovcn et de Ilossini,
de Thalherg et de Liszt, ne faut-il pas aussi y faire fqpirer ceux d'Erard et de l’Ieyel ?
Mais alors le cadre s’agrandit; do même que dans les temps les plus reculés, le roseau est
devenu tliitc, l’écaille de tortue s’est transformée on lyre ou violon, do même, juesque de nos
joui-s, l’épinetto est devenue clavecin cl le clavecin s’est fait piano; puis, par une transforma¬
tion étrange, une immense machine qui est un édilicc à elle seule, s’est réduite aux propor¬
tions de nos demeures; elle est devenue un meuhle de nos a]q)arlemcuts; l’instrument de
Dieu, que Dieu seul pouvait avoir dans scs temples, est devenu le commensal de l'artiste et sou
comiiagnon de chaque instant... Mais par (piel étrange chemin en est-il venu a ce point? C’est
d’abord un joujou, un instrument agaijant, narquois, taquin entre les lèvres du gamin de
Paris... puis soudain, que dis-je, soudain! c’est au contraire à force d’énergique persévérance
cl do patiente observation qu’il devient le porte-voix de l'hymne à Dieu, un admirable
orchestre sous les mains de l'artiste : frère cadet de la guimbarde, il quitte la fête du village
pours im])lanlerau salon et au temple, il se transforme eu frère jumeau de l'orgue d’église.
Il y aurait tout un poème à écrire là-dessus ; mais je ne suis pas un Homère et je no ferai pas ce
poeme. Sans essayer d’écrire cette vaste histoire à laquelle il faudrait vouer'autre chose que
I activité partagée d'une vie trop occupée ailleurs, j'essaierai de donner un apcirii do l'histoire
de I art musical à notre époque, en faisant la monographie d'un instrument ; cet instrument,
ce sera Vurgue expressif, le Mélodium.
Eu effet, pour que cette notice ail le caractère général cl le but élevé que j’aurais l'ambition
e ui donner, il faut que l’instrument dans lequel se personnifie l'art musical moderne rem¬
plisse de nombreuses et importantes conditions. Il faut que ce soit un instrument à clavier
un orgue, et qu’,1 puisse rcmédier.à la monotonie qu'il produirait, réduit à de petites propor-
l.ons, autrement que par la miiltiplicilé des claviers et des registres; il faut qu’il soit l’expres¬
sion vraie du sentiment de l'artiste ; il faut que son emploi soit facile, populaire, universel ;
' faut qu 11 ait aide à la dilfusion de l’art, en le mettant à la portée de tous. Il faut enfin que
ce son non-seulement un instrument d'harmonie; il faut encore et surtout qu’il so prête à
a mélodie, en se rapprochant du type éternel cl parfait de tout instrument de musique :
la VOIX humaine .
7
Voilà poiin|iioi j’üi choisi le Milodium; citer rinslnimont, c’est déjà parler de ceux qui l’ont
rendu si parlait, c’est nommer MM. Alexa-sdre père et lils.
Il appartenait au xix‘ siècle, qui sut mieux que tous les autres mettre la matière au senice
do la pensée , associer l’art et l’industrie i)Our le plus yrand prolit et le plus rapide ])ro{;rès de
chacun des deux, de résoudre un pndilème insoluhie jusque-là, de concilier deux éléments qui
doivent se prêter un secoure mutuel : l'harmonie et la mélodie, la combinaison et le chant, de
renilre ahordahle à tous, applicable par chacun, ce qui, avec les instruments incomplets ou
plutôt spéciaux que l'on possédait auparavant , était le monopole de certaines natures
privilégiées.
Ce ne fut pas, ou le comprend bien, sans de pénibles tâtonnements, sans de nombreuses
transformalions que naquit l’orgue expressif, mais enfin il est contemporain de ce siècle.
Vers 1810, un amateur d'un génie inventif et persévérant appelait l'Inslitut à se prononcer
sur l’essai qu’il venait de faire d’un petit orgue, au moyen duquel on pourrait obtenir
l'expression qu’on avait tenté vaiueraent jnsque-là de donner à la grande et puissante xoix
de rorguc ; quelque imparfait qu’il put être, ce premier essai était déjà uu immense progrès;
aussi fut-il accueilli par uu rapport favorable de l'Institut, et .M. Gremé construisit quelques
inslrumcnls d’après son nouveau système. Mais il est à peu près impossible qu’une invention
sorte de la tête de son auteur armée de toutes pièces, c'est-à-dire, des perfectionnements
qui la rendent utilement exploitable... La plupart du temps, ce n’est qu'un germe; il a
besoin d'êire fécondé, augmenté, mis en œuvre par le temps, la patience, le travail, cl
le talent qui se l'approprie; c’est à ces conditions seulement qu'une expérience curieuse
arrive à obtenir un résultat positif.
Il en fut ainsi de rinsirument qui nous occupe... Si l’ancbo libre qui fut la clé do voûte
de l’orgue expressif de M. Grexié est, depuis, restée la base de l’Orgue Piano-Mélodium,
ce n’est qu’apros avoir subi bien des phases et bien des vicissitudes, à ce point, que ce noble
instrument artistique dut descendre à l'état de jouet d’enfaut pour obtenir scs premiers
succès. — En cll'ct, le système Grexié ne reçut pas en quelque sorte d'ap]ilicalion, la faveur
du monde musical lui fit défaut, les difficultés d’exécution empêchèrent les artistes de s’y
dévouer et la popularité lui manqua. — Cependant en Allemagne on fabriquait sur celte
donnée do petits instruments dont la diversité indique l’existence éphémère... On les appela
physarmonica, æolodium, etc., etc. L’imitation qui eu fut faite en France eut plus do succès
et notre illustre facteur d’orgues à tuyaux, M. Cavaillé-Coll, inventa le l’oikilorgue . mais
8
préoccupe de choses plus importaules pour lui, M. Cavaillé-Coll abaiulonua celte nouvelle
applicalion.
Un spéculateur adroit s’était emparé de ridée-mcrc de l’orQue l'xpressif, l’anche lihrc :
il en lit d’abord une sorte de diapason nommé ty])olone; puis ou joignit à cette lame unique
d’autres lames qu’on faisait parler en soulllaut dans de petits trous pra(i(iués dans le bois (pii
les recouvrait.
C’est le produit avorté de l’orgue espressif, cette apidicaliou indigne et mesquine de l’anche
libre qui sut conquérir la faveur piqmlaire; c’est de cette humiliante position que durent la
relever ceux qui l’estimaient à sa juste valeur.
La réhabilitation ne fut pas soudaine, tant s’en faut; l’harmonica (c’était le nom délinilivc-
ment adopté) resta d’abord harmonica, puis devint accordéon.... (Jnoique infime que fut cet
instniment, sa créatiou ne fut pas cependant sans profit |)our l’art musical qu’elle tendait à
populariser... .Aussi l’accordéon fut-il accueilli jiar un véritable enthousiasme sinon artistique
du moins populaire...
Mais il est des gens auxquels ne suffit pas la vogue commerciale: de ce nombre était
AI. ALEx.vxDnE père, qui avait fondé sa maison en 1829 et qui développa et perfectionna sa
fabrication par d’heureuses innovations. L’harmonica devenu accordéon s’éleva peu à peu
sous les noms de concertina et d’organino jusqu’à sa forme typique, perdue assez longtemps
et méconnue sous son nom originaire et pourtant plus vrai d’orgue expressif.
Cinq ans apres sa fondation, c’est-à-dire en 1831, la maison ALEXAXDnE exposait un instru¬
ment à deux jeux.
Ces résultats no suffisaient pas pour satisfaire l’ambition de AI. ÉDoumn Aeexamire fils,
enfant encore, mais voué déjà à l’art auquel son nom devait plus lard rester indissolublement
hé. Son génie inventif rêvait déjà ce qu’il a réalisé depuis... mais fit faôricando faùer: avant
d inventer, il faut savoir imiter; c’est le seul moyen d'avancer d’un point donné et de ne pas
revenir sur scs pas. Il faut tenir compte do ce qui existe; c’est à cette condition que les Ira-
\aux des générations antérieures profitent aux générations qui les suivent. L’artiste indus¬
triel qui voudrait créer de lui-même sans étudier ce qu’on a produit avant lui, se préparerait
un travail herculéen, puisqu’il devrait tout reeonsli-uire par la force de sa pensée. Il s’expose¬
rait aussi à do singulici-s mécomptes, il userait son génie à vouloir deviner ce ([ui lui était si
facile d apprendre par 1 étude, et il risquerait do n’inventer que ce qui aurait déjà été inventé;
le tout pool a\oii méconnu la xérité proclamée par Drid’Oison: « On est toujours le fils de
gucliju’un I! n
— it —
Aussi M. riurirAiU) Ai,i:\AM)nE se mit-il (■ouraf'oiiscmciil u étiulier les procédés employés jiis-
ipj’iiloi'S, no clicrclianl d’alioril qu’à rendre Ijon ee q{ii était médiocre, qu’à faire excellent
ce qu’on avait fait lion, qu’à rendre parfait ce qu’on avait produit d’excellent.
Au son dur et nasillard des premières orques expressives, il fallait substituer la douceur,
la suavité, le moelleux des reqistres, il fallait aussi obtenir la facilité du clavier, question si
importante pour l'exécutant...
Il y arriva ! !
I.es instruments sorbant do la manufacture Ai-examiRe pore et fils passaient pour les meil¬
leurs: chacun les proclamait |)arfaits, et cependant .MM. .Alexaxure père et (ils comprenaient
qu’il manquait encore quelque chose pour assurer à l’instrument la popularité dont il jouit
aujourd’hui et surtout pour lui conquérir le suffrage exclusif des maîtres.
MM. \i.EXAXDRE père et fils se mirent donc à perfectionner les timbres et à expérimenter
les découvertes nouvelles; a]irès des es.sais vainement tentés par plusieurs facteui-s, l'un d'eux
venait d’acquérir un graml titre à la reconnaissance des artistes [lar l'heureuse application des
registres de l'orgue d'église à l'orgue à anche libre.... Par cet ingénieux jirocédé, l’orgui“
expressif, doué de plusieurs jeux parlant ensemble ou séparément sur un seul claxier, était
constitué en principe.
Dès lors, le |)ublic artistique accorda une attention si sympathique et si prononcée
au nouvel instrument, que sa fabrication prit une extension considérable. MM. Alexavdre
père et fils durent fonder un nouvel élalilisscment plus en rapport avec l'importance
et le nombre do leurs produits; le siège de leur maison fut transféré boulevard lionnc-
A'ouvelle, 10.
L’indication de ce fait a une grande importance, car il correspond à une nouxelle phase do
riiistoirc du Mclodium : sa lutte avec tous les instruments basés sur le même principe et sa
victoire décisive.
Les orgues à anches libres avaient un grand défaut ; le son arrivait lentement, le temps
que mettait le veut à faire vibrer la lame métallique laissait toujoui-s un petit iutcnalle entre
l’attaque de la touche et l'émission du son.
Les morceaux largos convenaient donc parfaitement à l'instrument, mais les mouvements
rapides, les détachés étaient à peu près inc.xécutables.
3
10
I J1 l'iiclom- (l'oryues des plus inkdlij'eiils, doveim depuis céliduv, M. Mahtin de Provins se
préoeeupaif vivcmeul do colle didicullo (pi'il surnionla enliii.... C'élail le piano tpd doyaii
fournir des armes pour vaincre celte dilliculté. Les marteaux, an lieu d'alUupier une corde
iraient frapper sur la laiifruette, la feraient parler inslanlanément , et le vent précéilé conli-
mierait le son. Ce système fut nommé par son aiilenr : l'Eiicrssiox.
Ce fut un résultat immense.
Lh Inen ! celte .Iccouveric risqua fort de rester stérile, elle fut même plusieurs années sans
application définilivo et peut-être était-elle perdue à jamais, lors.pic M. Maiitix eut riieureuse
pensée do l'oIlVirà >1M. Ai.Kxvxnai; père et iils. Ceux-ci, on cens expérimentés, reconnurent
tout do suite la valeur de rinvention, ils s'attachèrent M. MAnrix de Provins, et appliquèrent
son heureuse découverte à leuiii inslruinenls. Le Mélodium-Mexandre n'avait plus à craindre
de rivalité.
Le domaine déjà si vaste do cet insirumoni ne connaissait j.lus de limites : toute musique lui
était accessihie, même la plus vive et la plus lé(;ère. L’orque, qui na,;uère ne se prêtait qu'aux
andanu, dtnenail également apte à interpréter les mouvements les ,,lus rapides. Avec les
résultats déjà acquis, tout autre facteur aurait pu ne songer qu'à produire, pour se mettre au
niveau des hesoins de la consommation et s'assurer une fortune hrillanle et rapide. C’était
certes une ambition avoualde; mais elle n'était pas à la hauteur des désirs de MM. Ai,EXAMmr
pere et his. Ces habiles facteurs voulurent non-seulement faire progresser un art dont ils
c aient les fervents promoleui’s, mais encore, ils ne reculèrent devant aucun sacrilico, pour
qu aucune maison ne put remporter sur la leur.... lislirent donc tout pour pouvoir réunir
a leurs propres perfectionnements ceux que les autres apportaient à l'instrument, et ce
résultat lut tel, que bientôt tous les artistes s’enviaient et se disputaient la satisfaction de
conscience de faire valoir ceux qui sortaient de leurs ateliers.
L expression à la main, le prolongement des sons, forment un ensemble qui rend, aujour-
*1 luii, le Mélodiiim iiTéprocIialjlo.
L expression à la main gauche est le moyen de remédier à l’inconvénient résultant de la
trop grande sonorité des basses, par rapport avec le .legré d'intensilé des notes supérieures
auxquelles est j.resquc loujou,^ confiée l'interprétation des phrases mélo.liques.
Le prolongement des notes de l'orgue, sans avoir les mains sur le clavier, est certainement le
P us riche eflet musical qu'aucun instrument possède. Il ,,ermct de reproduire sur un seul
ms 1 liment, des ellcis que 1 on ne pouvait obtenir qu'à l'aide de cette réunion de tous les
mslruments que l'on nomme l'orchestre. L’orchestre seul peut, on cll'et, faire entendre celle
(louliln conilmiaisoii da sons lonus et lids, cl lic sons |)i(|ucs ot (Idtaclios sur Ins mnmns notes et
an nintnn ilia|)ason. Ainsi, l’on trouve souvent dans une |)artifion la disposition suivante : les
altos, lestoi-s, les bassons et (|ueli|uefois les ( larinetles |)iati(pient des tenues dans l'étendue
de plusieuis octaves, [lendant cpie dos inéloilics ondes dessins parcourent toute l'écliellç des
sons, passent par-dessus les notes tenues, qui se bornent à accuser I barmonie sur laqnidle sont
disposes ces nieloilies et ces dessins. Il est facile de se convaincre i|u’un tel elfet ne peut être
obtenu que par la réunion d'un jjraud nombre d'instruments.
.Avant CO |)ro(;rés réalisé, celui cpji aurait proposé d’obtenir nn résultat analogue sur un seul
instrument et avec un seul e.xéculant, aurait pu être accusé de formuler une i)roposilion
insensée.
iNoji-seulemcnt nous devons, dans les orgues, d’immenses ])rogrés à .MM. Ai.rwNnnE pere
et lils, mais encore devons-nous les léliciler pour de nouveaux axantages qu’ils xiennent de
donner au piano.
S'il est vrai (|uc l'art musical doive en quelque sorte scs premiers progrès a l'orgue, le pre¬
mier et le plus ancien de tous les instruments à clavier, il est également incontestable (|ue ce
que le clavier avait fait pour l'art des son enfance, il devait le faire encore pour l'art arrixé
à sa plus haute expression; ce (pic l'orgue a commencé le piano l'a continué. Sou usige
général a ou une très-grande iulluence sur l'art de la composition. Les compositeui-s non-
jiianisles sont rangés dans la plus grande exception, et il sullira de citer les noms de llavdn,
Mo/.ai'l, Beelliovcn, Weber, llerold, lîoieldieu, Uossini, Mcyerbcer, Auber, llalexy , Ambroise
Thomas, tous excellents pianistes, pour convaincre les plus incrédules que la pratique de cet
instrument a dù contribuer, pour une grande pari, à la xariété et à la richesse des combi-
nai.sons qui brillent dans leurs (ouvres. Cependant, malgré tous les senices que rendait le
piano, il n'est pas un artiste qui n'ait ivgretté (pi'il lui manquât la faculté de [indonger les
sons, et de même qu'on disait naguère de l'orgue : il lui manque l'expression, de même pour¬
rait-on dire du piano qu'il serait parfait s'il pouvait prolonger des sons. Ilien des tentatives
ont été faites pour arriver à ce résultat; la jiliis heureuse est celle de M. Ld. Alexamire, et ce
n est jilus un essai, c'est un fait acquis et complet.
Il est impo.ssihle de préxoir toutc’s les ressources que d'habih^s virtuoses sauront tirer de ce
moyen nouveau et fécond. Liszt en fut tellement émerxeillé (pi'il comprit que l'homme qui
axait trouvé ce moj en était celui qu'il désirait jiour la construction d'un instrument (pii lut a
la hauteur do son génie et de son talent d'i'xéention. MM. Aucx.xMmi; père et lils, ipii ne
reculent devant aucun sacrifice et aucune dilliculté, loi-sqn'il s'agit de propager une idée neuxe
et hardie, construisirent ce ( hef-(r(euvre qn'on a pu admirer dans lenis salons et qu'ils ont
baptisé du nom de l’iano-Lbzl , [lour rendre hommage à l'initiatixc du céhdire artiste, et
12
coninir si ce magnilnuK' niivraj'c ii'olail pas en ipiehine soi'le le r’(''snmé de (nus les propivs
eide (nus les peerecdioiiiiemenls aeenm[)lis pae la iiiaison père e( Mis.
('.ninprenanl (pie la vie d'un lioninie sulIK à peine imur l'Ire eonsaen'c à rinslrninenl dont
ils nul rêvé la perfection, MM. Ai.KWMmi; pi're el lils ont en le lion esprit de ne pas se faire
faelenrs de pianos, ils ont [iris un excellent inslrninenf d'iürard [loiir lui appliipier lonti's leurs
invenlions. Si rimportanee el la nuilliplieilé tiu'une d('s ressources de ce clief-d'o'uvre l'emi»^-
eheiit do devenir populain', il n'en sera jias moins le [irineipe de deux grandes innovations,
le l’iauo à vilirations prolongées el le riano-Mélodinm.
On peut prédire à ees deux iusirumeuls un sncecs assuré, et dans un temps plus ou moins
idoijjné, le piano ainsi modiliésera, au piano ([ue nous eonnaissons, ce (|ue celui-ci a été au
(daveein qu'il a détii'iué [lour le rem|dacer universellemeul.
l’our résumer les services rendus à l'art par MM. ALEXAximF. et l'importance de leurs décou¬
vertes cl de leurs ajqilicalions, ra|ipclons (jue toute musiipie, quelle que soit la grandeur
de sa conceplion, (pielque nomlireux ([ue soienl les moyens d'exécution préparés par le
eomposileur, doit, pour être accessilde à tous, [louvoir se réduire aux ressources d'un instru¬
ment à clavier, un piano ou un orgue. Or, à l'im manquait la tenue des sons, ce qui excluait
I interprétation parlaite de la musique harmonique; à l autre, l’absence d’expression inter¬
disait le plus grand (diarme que puissent emprunter de ce secours, les phrases mélodiques,
(■race a MM. Vi.r.x ixnai; , l'orgue et le piano se sont complétés l’un par l’autre, lîéunis ou
siqiares, ces deux iusirumeuls ollrent désormais au compositeur des ressources complides :
rien de ce (|ui sortira de sa pensée ne peut échapper à la possibilité do leur interprétation.
\’a\ais-je donc pas raison de dire, au commencement de cette notice, que l'hislnire de l’art
a notre époque pouvait se résumer dans la monogra]due d'un instrument, juiisque désormais
le nom do MM. Ai.Exiximr. se rattache également aux perfcclionnemenis de l’orgue el du piano,
ees deux interprètes certains de toute pensée musicale?
.Si I enthousiasme artistique, si la reconnaissance de l'art pouvaient s'épancher librement
sans qu on dût les accuser d'être l’expression d'un sentiment d'indulgente camaraderie, je
signalerais au jury de 1 Exposition, comme digne dos plus hautes récompenses dont il est le
dispensateur, nn élahlissement à qui l'art et les ai'listes doivent tant. Mais ne vaut-il pas
rnii'ux laisser I é\idence accomplir son œuvre, et rimjiarlialilé éidairée de jiig(‘s si conqu''-
tenls a-t-elle besoin d'être guidée? Les faits ne parlent-ils pas? Ne voit-on pas tout ce ([ui est
;;rand et artiste recourir aux Ai.ex.\xi)IU' père et fds, dès (pi’il s’agit de construire nn instru¬
ment? Lst-il nue commune, un hameau si déshérités, (jue leur modeste église ne veuille
posséder un Melodium-Alexaudre? Kst-il un salon musical, un concert de quelque valeui’ où
I on no voie lignrer ces excellents instruments? Là est le succès, là est le triom|ihe, là est la
13
pnîuvi! (1(! la viiloiir et du rtiùriU- du toutes les iiivenlions, de tous les perfectionnements dont
je n’ai |ju tracer (pi’iiii rapide upen.u.
•le n’ai examine (juo le ct)U; artistique du Mélodium , Je laisse à un artiste de talent,
M. l'rii;] .ON, le soin de constater Itss résultats matériels de ce succès; plus spécial que moi, il a
pu suivre et rinstriimeut et la maison dans toutes leurs péripéties; on voyageant pour l’Orj'ue-
Alexaudre, il a |)U constater l’immense sensation produite à i’étranjjer par les instruments
de MM. Ai.r.xANimiv et connaitre les relations qu’ont su se faire ces halules facteui's dans les
premières cités musicales et commen iales du monde civ ilisé. Auteur de la meilleure méthode
de Mélodium qu’on ait encore publiée, M. rnr.uiN, qui a si bien étudié les perfectionnemeuts
et les inventions de MM. ALF-XANimr., qui pos.séde à un def;ré si éminent les ressources qu on
en peut tirer, leur payera son tribut de reconnaissance commi' arti.ste et cornons exécutant,
en décrivant plus fidèlement et avec plus de soin que mon temps et peut-être ma capacité
ne me permetlraientdelefaire, tous les détails qui intéres.sent un établissement dont le nombre
et la perfection des produits autorisent à placer le nom de scs fondateurs sur ce sommet ou
brillent les noms célèbres des Eavitn, des Pleyki. et des Bao.vmvoou.
Au. ADAM,
Membre de riosUtut
4
I)ELXÏÉ3IE PARTIE.
Depuis longtemps voué à l'élude de l’Orgue expressif et à son enseignement, chargé
pendant plusieurs années de représenter en Angleterre les intérêts artistiques de la maison
ALEXivnnE père et fds, nous sommes heureux de pouvoir accepter la mission qui nous est
conflée de décrire tous les perfectionnements apportés par cette maison à la facture de
l’instrument dont l’histoire vient d’ètre tracée par la plume si habile de M. Adolphe Adam.
Cette mission toute spéciale, nous l’acceptons, parce que nous avons reconnu que parmi
toutes les maisons qui se sont occupées du développement artistique, industriel et commer¬
cial de l'Orgue expressif, la maison Alexandre père et Bis a su réaliser le plus de progrès.
M. Ad. An«i a dit dans quelles larges proportions MAI. Alexvxdrf. père et fils ont, par leurs
travaux, leurs sacrifices et leurs efforts incessants contribué au progrès de l'art musical;
combien ils ont agrandi son domaine; c’était dire quelle haute position ils ont su conquérir
à la maison qui porte leur nom.
11 nous reste à faire comprendre les progrès qu’ils ont réalisés dans la partie matérielle de
leur œuvre, en décrivant les perfectionnements apportés à riustrument primitif dont on vient
de lire l’Iiistoiro, ainsi que l’organisation intérieure et les ressources de cotte maison.
Nous écrivons avec la conviction que donne un jugement librement porté sur des œuvres
qui sont devenues un élément de supériorité artistique, industrielle et commerciale pour la
France; par ces œuvres elle sera dignement représentée à ce congrès uuivei'scl auquel elle a
convié toutes les nations.
Ln distance ([iii sépare l’Aeconléon du l’iano-Lis/,l existe entre le modeste étaldisseinent
fondé en 1820 par M. Alexandiu: père et l'importante mannfaelnre dont les dessins ci-joints
peuvent donner une idée.
Ces magasins il’exposition sont de vastes entrepôts (pii eontiennent, depuis l'Orjjne à un
jen, jusqu’au l’iano-ldszt, pour i)lus de îiOO.OOO l'ranes d’instruments prêts à être livrés.
Les matières premières destinées à la l'aliricalion, telles «pie: les Lois de toute es|ièce, de
toutes les essences jiour les travaux iiitérieui’s et ('xtêrieurs d’êliêuisterie ; les peaux et les
feutres (pii formeront les sontllets et ipii recouvriront lossoupa|)es et les marteaux de la per¬
cussion; les cuivres, qui, laillf'sel pidis, se IransformeronI en anches libres; l’ivoire et l'êhène
ipii deviendroul d'éléqanis claviei's; les étoffes qui rorouvriront les pédales, et les soieries
d('sliuées à renfermer certaines parties de rinstrument en en laissant é(diap|H‘r les sons;
les fei’s qui, sous des formes multiples, maintiennent réunis le clavier, les sommiers cl la
soulllcrie; les mille (dijels de détail qui conirilnieni à la perfection d'un insiriimeni aussi com¬
pliqué dans sa consirncliou ipi il est sim|ile dans son principe; toutes ces rnalii'rcs premières
a l'état brut ou df'jii préparées pour être enqdoyées sons les formes ipii leur conviennent,
représcuicnt environ 'iOO inslriimenls que MM. Alexandre père et liissoni toujours prêts à
mettre en fabricatiou.
Oiialre cents ouvTiei’s, divisés eu dilféreuls ateliers, travaillent sous la direction immédiate
de conlre-maitres surveillés et dirigés par uu contre-maitre chef, M. Frédéric IIoület, homme
spécial, dont le mérite est aussi qrand que la modestie, et qui ne relève que do MM. Alexandre
pi're et lils, qui s’occupent constamment de la direction et de la surveillance supérieures.
Le chiffre annuel des alfaires fut, pour la maison fondée en 1829, de 80,000 francs.
Aujourd'hui, eu ISoîi, ce chilfre s’est élevé à 1,800,000 fr. par an, et ce n’est pas le der¬
nier mot de celte industrie toujours croissante.
Four étendre à la dernière limite possible le commerce de leur maison, .MM. Alexa.ndre père
et lils n’ont pas reculé devant les sacrifices énormes de dépi’ds faits dans toutes les parties du
monde ; ils ont établi à grands frais des magasins confiés à des correspondants dont la mission
est de faire naitre et de développer le goût de l’instrument nouveau qui, aujourd'hui déjà,
est presque l'instrument universel. Les lu'itels, les établissements de bains, les bateaux à
vapeur, les salons les plus aristocratiques et les églises les |)lus riches comme les chapelles
les idus pauvres possèdent ou posséderont bienfi'it uu tirgue (I’Alexandre.
Ft pour que l'Art profite aussi bien que l’Industrie et le Commerce de celte extension
17
immonsf' donnée ii iinft invontion encore si nouvelle, MM. AiBSAMme père et fils ont voulu
que ehiiqno nrlisle nynrit su sn eréer un nom qui fût la qaranlie de son mérite, pût étudier
les ressourees si variées de l’ftrjjue-Mélodium, et qu’il pût apporter, par un travail éclairé
et consciencieux, sa part de progrifi à l’muvre commencée si heureusement.
Pins de liiO Mélodium.s, Pianos à prolongement, Pinnos-lVIélodiuin.s, sont confies
aux princi|iaux virtuoses et com|)ositeurs de notre époque, tant en l'rance qu’à l'filranger.
Les éludes de ces mnilres de l'arl ne larderonl pas, sans doute, à donner une grande impul¬
sion n la propagation de l’Orgue expressif dans (ouïes les branches de la pratique musicale.
Ivniin et comme pour compléter leur (cuvto en encourageant les travaux des compositeurs,
MM. Alcxanuiuî père et lils achètent et [luldienl les morceaux écrits pour leurs instruments,
cl leur catalogue compte, parmi ceux qui y sont inscrits, les plus grands noms de notre
époque.
Maintenant que M. A. Adam a résumé la question historique et que nous avons rapidement
esquissé les services rendus par MM. ALCx.AxnnE père et lils à rinduslric, en créant un établis¬
sement qui occupe plus de deux mille bras et fait vivre uu nombre considérable de familles ;
au Commerce, en forçant la facture étrangère à se reconnaître vaincue dans la lutte et en
l’obligeant à se résigner au rôle de dépositaire ou à s’abaisser à l’état de contrefacteur;
maintenant, qu’on nous permette de dire quels services la maison .Uex.lxiire père et fils a su
rendre à l'Art musical en créant, en quelque sorte, un instrument nouveau dont les progrès
et les développements sont dus à leurs saeriüccs infatigables.
On a vu quelles ont été les phases différenles des débuts de l'anelie libre en France,
depuis l’Orgue expressif do M. Gremé, jusqu'il l'application du mécanisme des Registres qui
réunit plusieurs instruments en un seul. Mais arrivé à ce degré de perfectionnement, il
restait encore beaucoup à faire.
L’Orgue expressif parlait lentement et dillicilement; la Percussion vint lui donner la ra¬
pidité et le brillant du Piano en empruntant à celui-ci ses marteaux qui, au lieu d’attaquer une
corde, viennent attaquer l'ancbe libre et la mettent instantanément en vibration; l'action
du vent, procédée par l’action du marteau, n'a plus qu'à continuer la vibration du son dont
l'émission est devenue ferme et précise; axec la Percussion le son a pris une énergie et une
pureté inconnues jusqu’alore à l’anche libre; il est devenu rond et plein, de grêle et do
nasillard qu’il était encore.
La lourdeur et la trop grande puissance des Basses déjà à peu près vaincues par 1 effet do
5
18
Percussion, dispanirciU complélcment par l’applicalioii du re{;is(re d'Exprcssioii ;> la main.
Ce Uogislrc étant ouvert, roxéciitant peut obtenir tous ces degrés de Piano ou do Forl«“
qu'il désire, en appuyant |)lus ou moins sur les touches des IJasses du Clavi('r dont le degia’
d'enfoncement est en rapport avec la |)ression exercée sur elles; la |)arlie sii|i(’‘rieure ilu
Clavier ne particii)e en rien ii cette expression, qui reste complètement indépendante de celle
qu'on produit à l’aide des Soulllets et du Hegistre ordinaire d 'Expression aux pédales.
Mais le Piano possédait sur l'Orgue expressif un avantage immense, celui de laisser perce¬
voir encore la vibration du son, même après que la touche a été abandonnée |)ar l’exécutant,
qui peut combiner de nouveaux cH’cts avec ceux qu'il a déjà produits, par l’emploi de la
Grande Pédale.
La liberté d’action qui eu résulte pour le Pianiste a créé l’Ecole moderne dont Liszt
et Tlialberg ont été les premiers initiateurs, et dont ils sont encore les |ilus parfaits inter¬
prètes.
Obtenir cette prolongation dn son de l’Orgue expressif, était un problème si difficile qu’il
paraissait insoluble; il fut cependant résolu.
Le charme principal do l’emploi de la grande pédale du Piano consiste dans cette sorte de
vapeur sonore, dans cette espèce d’harmonie éolienne qui s’exhale de rinstrument et qui
semble planer au-dessus des sons que l’on entend, comme un vague souvenir des sous que l’on
u’eutend plus.
Mais cet effet, quelque précieux qu’il soit, n’est que bien fugitif et il no saurait remplacer
et encore moins continuer 1 expression, dont il n’est qu’une sorte de mirage rétrospectif.
Le Prolongement fait à la fois plus et mieux que de conserver le souvenir, il conserve
intacte l’impression produite, en permettant de joindre do nouvelles impressions à colle qui
pereisto dans toute sa puissance.
Il transforme l’Orgue expressif à Registres on un véritable orchestre, dont les voix
dillérentcs peuvent, sous les doigis du virtuose et à l’aide d’un seul clavier, reproduire toutes
les combinaisons possibles de sons soutenus, pendant que les mille dessins inspirés jiar la
science ou par la fantaisie parcourent l’éclicllc entière dessous.
Lu simple coup do genou mettant en mouvement un mécanisme presque invisible' suffit
à produiic cet effet, qui double la valeur de l’instrument primitif.
1!)
Doux GcnoiiilItTcs, l’iino pour los basses, l’aulre pour les tiessus, allaqiiécs en même temps
que l’iine ou plusieurs îles louelies ilu clavier, permettent aux sons proiluits par ces touclies de
se prolonijer jusqu’à ce qu’un nouveau coup frajq)é sur les (jcnouillércs vienne les faire
cesser.
I.e .leu d’aticlies spécial qui [iroduit le Prolongement étant complètement indépendant,
riustrumentiste jieut, pendant ce ptulnnijemenl d’un ou de plusieurs sons, en faire entendre
d’autres dans toutes les parties du clavier et avec les Itenistres qu’il lui plait d’employer.
Si le serond coup frappé sur les {;enouillért>s pour arrêter l’etfet do prolongement a lieu
en même temps qu’on attaque une ou plusieurs nouvelles touclies, on détruit instantanément
le premier etfet de prolongement jiour le remplacer dans le même moment par un nouvel
etfet.
Par ce moyen de simplification d'action, un seul mouvement de la genouillère peut faire
cesser et renouveler à la fois relfet du prolongement.
Si la pression du genou sur la genouillère est prolongée sans interruption pendant qu'a
lieu l'attaque successive ou simultanée de plusieurs touches, reffef de prolongement se pro¬
duira pendant toute la durée de celte pression; le prolongement se continuera après l'abandon
de la genouillère, si on n'a fait que la quitter sans lui imprimer la secousse qui produit et
arrête à la fois relfet de prolongement.
La Percussion, PExpression à la main et le Prolongement ont porté l'Orgme expressif
à son plus haut degré de perfection, élevé encore par une facilité et une légèreté de clavier,
dont le double échappement d'Erard avait été jusqu'à présent le type unique. Sous ce
ra|)porl encore rOrgue-Mélodium de MM. .VcEXCMmE père et fils n'a plus rien à envier au
Piano.
Parvenu à ce résultat, .M. Eu. .Alexandre fils voulut appliquer le Prolongement au Piano
afin do combattre et de détruire la sécheresse de ses sons à peine déguisée par l'action de la
grande pédale. 11 emprunta le mécanisme de l'Orgue, puis une simple rangée de lames vi-
hrantos, sufiisant pour ]iroduirc col ell'et; il n’y a rien do changé à la forme du Piano, qui n'est
augmculé, à l’extérieur, que par une troisième pédale, qui doit être mise en mouvement
pour alimenter le SouITlet destiné à faire parler le Prolongement.
Dans le Piano à prolongement, l’artion de la corde et de la lame vibrante est combinée
dans de telles conditions de simultanéité et de timbre, que les deux sons n'en forment qu'un
seul au moment de l’attaque delà louche, et que la vibration de la corde venant à diminuer
— 20 —
(l’intensité pour cesser bientôt eomplotement, le son de l'anche libre qui se prolonqo seul,
est tellement identique ù celui de In eorde, qu'il est impossible do supposer que ce ])rolon-
gement ne soit pas dù à la corde elle-même ; nous devons féliciter M. bn. Alexanuiuî de ce
beau résultat.
L’emploi et l’effet des genouillères étant ici exactement le même (pie dans l'Orguo-Mélo-
dium, la conséquence de celte application est donc de permeliro à l’exécutant de soutenir à
un degré de mezzo-forte sulTisanl, le son ou les sons atta(|U('‘s en même temps que l’une ou
l'autre des genouillères, ou que toutes deux à la fois.
Ce système s’adapte à tous les Pianos, de quelque facteur et de ipielque forme qu’ils soient,
sans la moindre modification extérieure, et moyennant une somme peu élevée.
Enfin, la réunion de tous ces perfectionnements prit une forme nouvelle; le Piano-Liszt
devint la synthèse industrielle du nom d’ALEXANDiu',. Ce magnifique instrument, réduit à des
proportions moins grandioses qui permissent de le rendre d'un usage plus général, donna
naissance au Piano-Mélodiiim.
Le Piano-Mélodium a deux claviers : le clavier supérieur pour le Piano, le clavier infé¬
rieur pour l’Orgue.
Le Piano reste dans scs conditions d’indépendance complète, conservant toute son indi¬
vidualité.
L’Orgue avec plus ou moins de Jeux, selon l’importance que l’on veut donner à l'instru¬
ment, n’offre de différence dans ses dispositions extérieures que par la position des Registres,
qui sont placés à gauche (pour les Basses) et à droite (pour les Dessus) au niveau du clavier
qui conserve son étendue de cinq octaves. Le registre d’Expressiou aux pédales se trouve
sous le clavier, et les pédales de la soufflerie restent dans leurs conditions ordinaires.
En un mot, le Piano-Mélodium est composé de deux instruments complets, parfaitement
indépendants l’un de l’autre, mais qui, par leur rapprochement immédiat, puisque tous deux
sont réunis dans une même caisse, offrent des ressources toutes nouvelles par les combi¬
naisons infinies quils permettent à I exécutant, dont la main gauche sur le Piano peut
accompagner la main droite sur I Orgue, après avoir fait entendre séparément les deux
instruments. L Orgue à son tour peut accompagner de scs sons larges et soutenus les traits
légcis, ra]iides et brillants du Piano, et l’on comprend la richesse inépuisable de cette triple
combinaison de doux instruments qui, eu se prêtant mutuellement leurs qualités indivi¬
duelles, se complètent admirablement.
21
Nous ne terminerons pas ce rapide ex|josd des perfectionnements apportés à l’Org^uc
expressif pal’ MM. Alexandre pi're et (ils, sans les remercier de nous avoir choisi pour le
tracer.
Qu'ils nous permettent de les remercier aussi pour les progrès qu’ils ont su accomplir
dans cette hranehe de l’art ainpiel nous sommes tout dévoué.
C’est lin hommage de reconnaissance tout artistique que nous sommes heureux de leur
oiïrir.
L. F. A. I RFLON.
c
ÏR0ISÏÉ3IE PARTFE.
Nous devons prévenir le public que nous accordons, en outre des garanties qu’une orga¬
nisation comme la notre peut offrir, toutes celles qu’il plaira à l'acquéreur de demander par
écrit, soit pour échanger plus tard son iustriiment, soit pour obtenir les additions des progrès
qui peuvent survenir dans la facture.
Nous croyons utile, pour mettre à même de juger les perfectionnements annoncés, de
donner le moyen de les apprécier par soi-même; ceci vaudra mieux que tout ce que nous
pourrions dire.
TABLEAU.
INSTRUCTION.
1.
Chaque Jeu doit avoir les
sous d'une égalité parfaite
comme force et comme tim¬
bre.
Pour vérifier l'cgalitc d'un jeu il faut souiller a vem
ÉGAL (le registre d’expreasion aux pédales étant fermé ou
poussé) et étudier a\ec soin le timbre et la force de chaque
son , comparé au précédent et au .suivant , en faisant la
gamme chromatique dans toute l'élendue du clavier.
11.
II.
Chaque Jeu doit avoir un
timbre spécial, qui lui soit
Il faut répéter sur chacun des jeux une phrase musicale
très-courte afinqu'ellc puisse sen ir à comparer les timbres
24
TABLEAU. INSTRUCTION
pioprp et ([ui le ilistiiiyuc
absnlumciil de (ous les autres
en SC rappi’oelinnl le plus pos¬
sible de rinsirumeul auquel
il a emprunté son nom.
et à établir leur dill'éreuce. On devra clicrclier a jouer
cette phrase toujours au même iliapason, alin (pie la com¬
paraison des timbres soit plus facile, et pour cela il faudra
bien se rendre compte à l'avauco île la hauteur réelle des
dilférents ,leux.
III.
111.
Les SoiilHels doiveni être
Pour remplir le Réservoir, faites rnouvoii' rajiidement
l'ariles à mettre en monve-
inent; ils doivent fournir lar-
et allernativemeni les pédales (|ui doivent descendre faci¬
lement cl sans dureté jusqu'à la position horizontale, et
qenieiil le vent et le conserver
sans perte sensible (le rpf[islre
d'Iîxpressioii aux Pédales
étant iwiissé ou fermé].
se relever d'elles-mènies (l'és-vite et sans bruit d’aucune
espèce; le liéservoir étant rem|ili d'air, les |)édnles doivent
résister avec fermeté et sans aucune élasticité à la pression
du pied.
On peut comparer la puissance do doux soulllerics ditl'é-
rentes en calculant le tcnipsque nicttia lovent às’échajiper
de chacun des Résen oirs remplis comme nous venons de
l’expliquer, si on pose le doigt sur la même touche de cha¬
que clavier en ouvrant le même Registre aux deux Orgues.
IV.
IV.
La Soufllcrie d’expression
(le registre d Expression aux
pédales étant tiré ou ouvert]
doit être de la plu? grande
sensibiUté possible, aOn que
i liaque degré de force dans la
|iression du pied sur la pédale
SP lasse sentir immédiatement
dans l'intensité du son.
.\vec une bonne SouITlcrie d’expression, le Réservoir
ayant été rempli à l’avance, et un Registre ayant été
ouvert, vous devez obtenir le résultat suivant :
Le doigt étant placé sur une touche, et un son se pro¬
duisant, ce son deiTa cesser inslantanémenl lorsque vous
ouvrirez (ou tirerez) le registre d’Expression aux pédales,
pour recommencer à se faire entendre au moment même où
vous fermerez (ou pousserez) le Registre A’ Expression aux
/)éf/«te, et cela sans remettre les piedssur les pédales, lèvent
devant tenir au moins un quart d’heure dans le Réservoir.
V.
V.
Les Registres doivent être
Les Registres, pour être d’un cm|)loi facile, doivent.
25
TAlil-KAI'. mSïni'CTION.
fiicilns ù ouvrir ou ù fermer
(c’est-à-diiü à tirer ou ù pouH-
ser] ; leur mouvonipiit doit
cire doux cl sans bruit.
après s’étre ouverts sans bruit et sans frottement qui en
liaraly.se le mouvement, se refermer rapiilernent sous une
légi'ie pression du doigt. I.e choc qui se produit contre la
barre qui les |Jorlc doit être pres()ue insensible, excepté
pour le Grand Jeu qui devra toujours être fermé avec soin,
en conduisant le bouton de liegistrc juseju’à la barre.
VI.
VI.
bo Grand .ïcii, un peu plus
ferme que chaque Itegislro iso¬
lé, ne doit faire aucun biuit
dans ses mouvemenLs tiré ou
Ce liegistrc, qui réunit par un mécanisme intérieur fous
les autres Registres et les ouvre ou les ferme simulta¬
nément, ne peut être au.s.si doux que les Registres isolés;
son emploi demande plus de précaution pour l'oumr ou
poussé.
le fermer bien complètement.
VII.
VII.
Le ClaTicr doit être doux
sans mollesse, ferme sans du¬
reté, élastique sans raideur,
et d'une égalité parfaite.
Les qualités du Clavier dépendent à la fois du poids
calculé de chaque Touche et de la force de résistance des
différents ressorts qu elle met en mouvement. L égalité,
la netteté du jeu de l'exécutant et rémis.sion du son dé¬
pendant en grande partie de la perfection ilu Clavier,
nous 110 saurions trop recommander un examen sérieux
de cette qualité indispensalile à un bon instrument , qui
doit éloigner les ressorts du jeu, que le registre inter¬
ceptant le vent du soiilllet, indique.
VIII.
VIIL
Les différents Jeux doivent
tous parler également facile¬
ment, et avec la moindre pres¬
sion de vent po.ssiblc; en te¬
nant compte cependant de la
différence de longueur et de
largeur des lames qui les com¬
posent, leur degré de facilité
Emplissez avec soin le Réservoir ( le Registre d'fi-
pression aux pédales étant fermé) afin d'avoir un xent
très-égal et le moins fort possilde; chaque lame d'un même
Jeu doit parler aussi facilement que celle qui la précède
ou qui la suit. N'oubliez pas cependant que les n" 5
parleul plus xite que les n" i; que les n“ -i parlent mieux
que les 11“ 1 et que les n“ 2 sont toujours les plus dilhciles
à mcltroeii xibralion. Observez, surloiil, que les Basses
7
TABLEAU. INSTIIUCTION
à parler devra suivre cette
progression : n"’ 5; ir 1 et ■'(,
et enfin les n" 2 des Basses
et des Dessus.
de chaque Jeu dépensant plus de vent que les Dessus, vous
devez pro[inrtionner la vitesse du mouvement de Pédales
il la gravité des sons produits par les lames (|ue vous
examinez.
IX.
IX.
Les Développements des
divei-ses parties de l'Orgue
(Clavier , Sommier, Soufjlerie]
doivent être combinés de ma¬
nière à laisser aborder facile¬
ment les plus petites pièces
de l'instrument.
Pour qu’il soit facile d'atteindre jusqu’aux plus petites
pièces de l'instrument, il faut : 1' (|uo le c/oiss/s ijui su|i-
porte le pupitre s’enli've entièrement ; — 2“ que la table
s’ouvTe laissant les ressorts du Clavier à découvert; —
5” que le châssis qui supporte le Clavier l't les Registres,
s’ouvre et s’élève de manière à laisser conqdétement à
découvert les Soupapes et les charnières des Registres; —
1” que le Sommier s’ouvre pour laisser tous les .leux ( ou
rangées de lames) à découvert ; — 5" que le dessus du
Soufjlet laisse voii' le dessous des Soupapes; — (P c|ue
l’intérieur de la Chambre à air puisse également s'ouvrir;
— 7° enfin que tous ces développements puissent avoir
lieu exactement comme dans un portefeuille, en n’ayant
à ouvrir que des verroux.
Ces détails sont d’une grande importance pour faciliter
l’entretien de l’instrument, en permettant d’enlever la
poussière ou les corps étrangers qui pourraient s’étre in¬
troduits par le Clavier ou p;u' la Soulllerie dans l’intérieur
de ses différentes parties.
.Aucun frisement ou vibra¬
tion étrangère ne doitse mêler
aux sons des différents Jeux.
Jouez alternativement et brusquement Forte et Piano
(le Registre A’ Expression aux pédales étant ouvert ou tiré),
en renouvelant l’expérience sur chaque Jeu et dans toutes
les parties do l’étendue du Clavier.
XI.
XL
Les Forte, Ilegistresqui dé-
Recommencez l’expérience indiquée au premier para-
—
ïaiii.kai .
I.NSTIII CTIO.N.
coiivr(MiU(!s/(rts««)(oii lL's/Jes»UA
lie eei'taiiiH Jeux, ne iloiveiit
jamais eliaiij'ei' ni le liml/rc,
ni la farce il’anlri’s jeux i)ue
celni an(|nel ils son! alleelés.
i'iaphe, en ouvrant et fermant alternativement les Forte
des n“ 1 et i, pour voir s’ils n’altérent pas le timbre ou la
force des Jeux ir 3 et L
faites de même avec les Forte n” 3 et 4 pour examiner
les Jeux n“ 1 et i.
XII.
XII.
Los Basses iloivent èiro un
|)0U mnins |)uissanlcs que les
Dessus, alin île ne jamais les
O défaut commun à tous les (iqjues expressifs est cor-
rijjé par l’emploi du Registre d’Expression à la main,
qui, lédiiisant la dé|ien.se de vent des Jtuues sans rien
emivrir.
(diani’er à celles de /tmi/x, rétablit l’équilibre et permet
même à la flûte seule, dans certaines conditions, do do¬
miner tous les Jeux réunis à la lia.sse et employés en
accords plaqués. | Voyez l'Art de l'Orgue expressif, ine-
tbode conqjletc théorique et pratique pour le Melodium
à Percussion , à Expression a la main et a Prolongement.
d'.\LEx.v\UBC père et fils, par L. f. A. fueuix, iiag. i" et 3:>.
XIII.
XIII.
Le Timbre iraueun jeu ne
doit èlrc enivré.
La divers! tédesTinibrcs ne<loit pas xenir de 1 épaisseur
des parois du Sommier, ce qui nuirait a la force du f.raml
Jeu; celui-ci doit toiijoiu's être plein, rond et ferme,
même dans les Dessus, les Forte étant ouverts, et la Snuf-
llerie étant employée dans toute ,sa puis.sancc.
XIV.
XIV.
Le Son doit être rond et
plein dans les jeux n" 1 et 2 ;
il doit être plus c/air et plus
dans les .leux n°‘ 3 et -i.
Les timbres des n“ 1 et i, 3 et 4 peuvent devenir j.lus
mordants en ouvrant les Forte qui leur correspondent.
ALEWXnnf l’ÈKE H' fn.s,
Inmleurs ilc fOruue-iléMium.
V »
» »
t
4
*
X
4 .
m
%
\
m
4
«
»
- ^ •
A
à.
*
f
h
>
f *•
<.
V
♦
»<>
' ♦ ^
-|»-W
^Er^E EDILS PVEJirEytS P,'£ r(D)[^©llJE iEEPPEM
SALONS POUH LA VENTE EN GROS
Rue Mcsiav Sg Pans
tr.
•f
'9
% ♦ \ >
é
D»
4.
à
^ %
’fe
1?
> V '•
V •
»
«
>
#
PI
#
%
%■
i
1
I
«
«
f
4
• *
0
0
' Pr
r ^ !
4
»•
I*-®
:•*
f
»
<
* «
1
--.H
»
V»
- #
“«•
i
t
i
\pim a [FOLS ofî^^Eii^TEy[^i iE r(û)^'®[uiE MEiLyiDjQyi
ATELIERS DE LA FINITION OkS INSTliUMENTS P ARTISTES ^ ^
Rue Mrslay39,i'ans
/
MEMNiHE [PÈKE â IFDIS DWEOTEDM œ| 1L-(D)|RE11JE RSEWœDOJBI
FAÇADE DES ATEIJEHS
Riiü Pierre Leveè'
' oer:M
%
EÉ^E t ED [LS QÎ^WËI^TEtU^S DE rûEiiÜE lEEMDM
VUE D ' UNE PARTIE DES ATELIERS ET DE LA MACHINE A VAl'EUH
Rvie Pierre Levée, 9 Pans
1
. f
. 'f
^ • / f-
', I
/ -V ./ / J ..
i.iip Mcsii.t. '
'i'>;-4b„
N°:’ I.E S 4 6.7 Modèles d'Or^ues welodium
avec ou sans percussion expression à la mam ,
prolongement etc. etc
N" 10 PIANO MELODLUM,
fait, pour l'EAposition 1856
Pour M''Tba!her^ . . .sur un Piano Erard.
Pour M'’Lerekire Welj, . i° Pk'/el
Pour M'".” Dreyfus . . .. d° ..Bord
Avec Système Martin de Provins,
V
*
im
'yU/i' ^ ^ <*• T- ^
9.iz?o.-